Aiôn, l'autre temps pour agir
Il est des organisations intelligentes qui présupposent que les gens sont intelligents et qui ont pour effet de développer leur intelligence. L'inverse est vrai également...
Guy Jobert
Mes activités m'ont souvent amené à traiter de diagnostic d'organisation et particulièrement sur le management de ces organisations. Un question revient souvent : jusqu'à quel niveau marquer l'engagement sur les objectifs? Doit-on individualiser les objectifs? Quels effets sur l'implication? Quels risques pour l'organisation?
Voici mes constats :
1. La contractualisation individuelle peut être un facteur de renforcement de l'efficacité collective
L'évolution rapide de nos contextes de travail investi les managers d'une nouvelle responsabilité : nous devons redéfinir le travail confié, en expliciter les finalités, définir et mettre à disposition de nos collaborateurs les moyens propres à permettre le développement de leur capacités et de leur autonomie. Le salarié, lui, est amené à s'impliquer plus fortement dans les finalités de son travail. Nous lui demandons d'être lui-même acteur de son développement pour répondre au changement qu'implique le souci d'une amélioration permanente du produit de son travail, pour contribuer à la performance de l'entreprise. La compétence, souvent considérée comme une combinaison d'éléments agissant dans cette performance peut être aussi regardée comme un indice de l'état des relations sociales dans l'organisation[1] .
2. Le renforcement de l'efficacité collective passe par le développement d'une logique de coopération entre les salariés
Selon Guy Le Boterf,[2] la performance d'une équipe repose sur sa capacité à coopérer. Chaque salarié, acteur contribue ainsi à l'activité et aux apprentissages des autres, fait en sorte que chacun assume sa part de travail. Il est nécessaire que le travail soit collectif et non pas le simple résultat d'une juxtaposition taylorienne du travail individuel de plusieurs personnes.
En conclusion, le développement de la coopération est un préalable à l'individualisation des objectifs sinon le risque est de voir se développer une logique de compétition qui loin de générer de l'émulation si chère à certains managers, provoque souvent plutôt des tensions voire des risques psycho-sociaux avec des résultats souvent contreproductifs.
1 Guy Le
Boterf, Construire les compétences individuelles et collectives, 2000, Editions Eyrolles, Paris
2 Cette approche a fait l'objet d'un atelier conduit par Dominique de CALAN - UIMM avec comme expert
Yves LICHTENBERGER LATTS/Université de MARNE LA VALLEE lors des Journées Internationales de la Formation organisées à Deauville par le MEDEF en 1998 (Actes publiés par le
MEDEF)