Aiôn, l'autre temps pour agir
C'est un paradoxe : nos sociétés et nos organisations attendent aujourd'hui des individus qu'ils soient capables de travailler, de réfléchir ensemble, de coopérer alors qu'elles renforcent, par les effets de leurs modes de gouvernance généralement la compétition et l'individualisme.
Or, pour pouvoir "coopérer" il est nécessaire d'avoir au cours de sa vie, développé des habiletés sociales et cognitives spécifiques: partager l'espace avec d'autres, rester maître de soi, accepter les différences, reconnaître le point de vue des autres, pratiquer l'écoute active, ...
Nous attentons de nos collaborateurs, bien sûr, des compétences professionnelles constituant les bases nécessaires pour s’engager dans un emploi, remplir ses focntions, se développer dans cet emploi et obtenir les meilleurs résultats. Dans nos organisations, naturellement aujourd'hui en changement, trois sont indispensables : Communiquer, Penser et Apprendre.
Nous apprécions aussi des qualités personnelles comme la capacité à faire preuve d'attitudes et de comportements positifs, de responsabilité et d'adaptabilité.
Pour que toute cette richesse humaine potentielle se mette en synergie nous avons besoin d'un liant : "l'esprit d'équipe", c'est à dire les compétences nécessaires pour travailler avec les autres et pour obtenir ainsi les meilleurs résultats. Celles-ci sont effectivement portées par les individus qui composent le groupe mais le cadre relationnel et organisationnel doit permettre leurs expressions et favoriser leur développement, et ça c'est le rôle premier du management.
Manager, ce que j’attends précisément de mes collaborateurs (trices), c’est qu’ils (elles) soient capable de :
- Comprendre les objectifs de l'organisation et y apporter leur contribution
- Comprendre la culture du groupe et agir en conséquence
- Planifier et prendre des décisions avec les autres
- Respecter la pensée et l'opinion des autres membres du groupe
- Faire des concessions mutuelles pour obtenir des résultats collectif
- Jouer le rôle de leader si nécessaire, en mobilisant le groupe
Cela signifie qu'en retour, ils attendent de moi :
- que je clarifie les objectifs de l'organisation et précise leur contribution attendue
- que je facilite l'émergence d'une identité et d'une culture du groupe
- que je mette à disposition les cadres et les outils de planification et d'aide à la décision
- que je pose et reste garant d'un cadre et des règles qui instituent le respect de la pensée et l'opinion des autres membres du groupe
- que j'accepte aussi des concessions mutuelles pour obtenir des résultats collectif
- que je joue pleinement mon rôle de leader en mobilisant le groupe
De mon expérience du management et du partage avec des managers
d'autres cultures, j’ai observé combien il est difficile de faire naître d’un groupe d’individus, porteurs de potentiel, une véritable équipe performante, solidaire et
réactive…
J’ai vu combien l’équilibre est précaire entre l’équipe "disloquée" ou "éparpillée"» où chacun travaille pour lui et l’équipe "refermée" qui au contraire ne travaille que pour elle, sans se soucier des autres et de son environnement.
Alors, comment développer de telles compétences et mettre en place un cadre favorisant?
Nous connaissons depuis longtemps le travail d'équipe et l'utilisation en formation des sous-groupes. Mais souvent les regroupements se font par affinité, par hasard ou par obligation organisationnelle plus que par complémentarité dans une démarche réfléchie.
C'est en optimisant ce travail d'équipe que s'est développée l'approche "coopérative" que vous trouverez décrite dans quelques articles de ce blog.
L'objet de l'échange que je vous propose, est de réfléchir au transfert pratique ce modèle dans vos organisations et que vous m’en fassiez, svp un retour.